LA FERME RADIEUSE ET LE VILLAGE COOPÉRATIF

Pendant la crise des années 1930, la classe paysanne connait d’importantes difficultés. Un renouveau touche les villes, mais les campagnes restent à l’écart de tout progrès architectural…
A l’occasion d’une réunion syndicale à Paris, Norbert Bézard croise et interroge Le Corbusier sur la condition paysanne.
Vous avez le devoir de mettre debout la Ferme radieuse juste et nécessaire pendant de la Ville radieuse, lui écrit-il.
Les campagnes doivent changer. Il faut les réaménager.

Croquis de Le Corbusier, 19 novembre 1933 © Fondation Le Corbusier

Le Corbusier, dont la réflexion s’appuie sur la question sociale, est sensible au sujet. La collaboration des deux hommes s’enclenche, et se prolonge dans le cadre des CIAM (Congrès internationaux d’architecture moderne) et, un peu plus tard, de l’ASCORAL (Assemblée de Constructeurs pour une Rénovation architecturale).
La réorganisation agraire est étudiée avec minutie. Bézard élaborera les premiers modèles fonctionnels de la Ferme. Piacé est choisi comme village type pour les études. C’est là que devront être contruits les premiers édifices.

Maquette du logis du paysan de la Ferme radieuse
Nicolas Hérisson, 2009 © Piacé le radieux

En 1934, le travail aboutit à la définition de la Ferme radieuse, et quelques années plus tard, du Village coopératif. Les projets reflètent les choix de le Corbusier, du purisme et du mouvement : simplicité des formes, organisation, rigueur…
Le Corbusier écrit à son ami :
« Maintenant il faut construire une telle ferme, la voir debout dans les champs à l’aurore, à midi, au crépuscule, au printemps, en été, en automne, en hiver. Et aussi Norbert Bézard, il faut construire le village coopératif, net et joyeux, centre de la vie rurale. La campagne se réveillera. »

De ce projet, entre rêve et utopie, aucun élément ne verra le jour.

Maquette du Logis du paysan de la Ferme radieuse, 
Nicolas Hérisson, 2009 © PLR

Aujourd’hui, une exposition créée par l’association Piacé le radieux, retrace à travers textes, plans, maquettes, choix de correspondance etc. les différentes étapes du projet. L’exposition a été créée en 2009. Elle est chaque année enrichie par l’intervention d’artistes (France Fiction, Christophe Terlinden, David Liaudet, Christian Ragot) et accompagnée d’une brochure.

Exposition visible de mars à octobre. Entrée 2 €.

Le logis paysan

« L’essentiel, la question capitale est que le logis du paysan sera l’équivalent du logis citadin : commodité, confort, hygiène. Pour le reste la nature y pourvoit : poésie. »

Norbert Bézard

Animation 3D, Le logis du paysans de la Ferme radieuse, Reynald Gesbert, 2009 © Piacé le radieux

La ferme radieuse

« Voici la ferme elle-même. Les hommes sont descendus du logis et sont à la porte de la cour de la ferme. Ils sont entrés dans la cour dont le sol est bétonné, drainé, à l’abri complet de l’humidité et des eaux stagnantes. Ici, jamais de saletés ni d’eaux, ni de fumier. »

Le Corbusier

Le village coopératif

« Le « Centre coopératif »…(le « Village radieux », comme nous autres paysans l’avons baptisé), n’est pas une fantaisie économique et sociale, ou doctrinale. Il représente un ordre architectural (du point de vue de l’urbanisme rural) ; un ordre économique intégral (son principe étant la conjonction des efforts de tous en vue de la satisfaction des légitimes besoins de la communauté et des individus). »

Norbert Bézard

Schéma du village, Le Corbusier, 1933 © Fondation Le Corbusier