MAËLLE LEDAUPHIN

RADIANT CAPSULE
DU 5 au 27 avril 2025
MAËLLE LEDAUPHIN
ANTHROPOFICTION
Moulin de Blaireau, Grange noire and Vitrine du Kub d'Or
As part of Printemps du Dessin
Vernissage samedi 5 avril à partir de 18h30
Free admission
Maëlle Ledauphin is a visual artist who was born in Marseille in 1999 and graduated last June from the Beaux-Arts in Le Mans (TALM Le Mans).
His use of oil pastels, paint and collage blurs the boundaries between media, and most of the time serves up compositions of saturated, self-contained spaces in which the constructions lead to undecidable hybridities of organisms and symbolism that refer in a muted way to the figures or cultural objects that have sustained their birth.
The exhibition, entitled Anthropofiction and based on a concept devised by Frédéric Riera, brings together a range of pre-existing drawings as well as new ones designed specifically for the event.
"Anthropofiction [...] is intended to be an imaginary creation in relation to anthropological knowledge, imaginary because it is forward-looking, taking this knowledge as a basis for figuring out the world that is and will become. These figurations and visualisations, as we wish to practise them, are attempts at myth, rite and sacred object, symbolically structuring meaning on the basis of the singularities of our time, of all times past; they are therefore both anthropological and fictional, which is why we felt it necessary to coin this neologism to designate this practice". Alexandre Bauchet and Frédéric Riera
To coincide with the exhibition, a special edition of two sketchbooks, "croquisses drouwings" / "croquisses drouwings", with 12 copies of each numbered and signed, and accompanied by an engraving.
« On aurait vite fait de dire du travail de Maëlle Ledauphin qu’il est l’héritier d’un surréalisme au féminin reprenant le flambeau de l’étrangeté, de l’onirisme, du mystérieux et du sexuel. Mais il ne faut pas se priver de réinscrire ce travail dans cette tradition. Après tout, tout dans son langage plastique y fait référence. On est d’abord saisi par ce qu’on ne comprend pas de ses images. Je dis images comme je le fais souvent pour ce qui évoque chez moi une certaine inscription historique et ici c’est notre commun culturel occidental qui me saute aux yeux : l’imaginaire fantastique du Moyen-Age. On dirait bien que Maëlle Ledauphin sait articuler le merveilleux laissant des morceaux de sa vie personnelle (et surtout sexuelle) inventer une sorte de fabrique des étonnements. C’est ça qui arrive. Elle n’est pas fantasque l’artiste, elle est au contraire inscrite pleinement dans ce qu’elle reçoit du Monde, éveillée comme on dit aujourd’hui. Et comme il n’y a bien entendu aucun sujet contemporain mais seulement des manières contemporaines de saisir le Monde, Maëlle Ledauphin fait ce qu’elle peut avec les images qui surgissent et celles qu’elle construit avec une grande documentation. Oh non ! Ne faites pas l’erreur de parler d’un inconscient ! Non ! Elle est bien trop présente à son travail, bien trop maligne, bien trop au centre de ce qu’elle construit. Elle est très claire, elle, pas ici d’expérience automatique ou médiumnique. Elle me dit combien elle aime « l’irruption dans le savant du populaire. »
And then there's the medium, that unglamorous oil pastel, so difficult to get out of a school or child's practice. It's an imprecise material to draw with, a stiff material to paint with, yet it's often the one she uses to define her world, which leaves no glimmer, no shadow outside a certain realism. It's clear, almost a little didactic in its clarity of signs, like a Magritte or a school poster studying the anatomy of a flower. There's none of the fuzziness of a whimsical painting, none of the fog of the brushstroke, everything is kept in its place, with strength and delicacy, making his pastels radical demonstrations of his skills and, indeed, of his "realism". re-presentation.
So, if you like, you can read his paintings and laugh. We often laugh when we look at his paintings. We hear Topor's laughter mingling with our own. This laughter is sometimes serious, sometimes a little embarrassed, always clever because it does not impose itself. The viewer is astonished to be confronted with so much freedom without the militancy of today. It's his frankness, it's astonishing how frank he still is today.
Comme j’ai eu la chance de la connaitre et de partager un moment de sa construction, je sais aussi de Maëlle Ledauphin comment elle doute aussi parfois, comment elle travaille beaucoup toujours, comment elle ne veut pas tomber dans le piège d’un Art de femme. Elle n’a pas besoin de ce genre d’affirmation. Elle est bien trop libre. C’est certainement ce qui est le plus osé chez elle, cette totale indifférence à certains combats. Maëlle Ledauphin est totalement dans sa liberté, sous un ciel qu’elle décide. Elle ne confond pas son monde pictural et le réel. Elle ne se venge de rien de ce dernier. Elle n’a pas peur et cela ne produit aucune impudeur sur la jouissance ou trouble du genre. Cela fabrique bien un universel dans lequel chacun pris dans son propre imaginaire peut plonger. Un portail roman en quelque sorte, une miniature persane, une pyramide aztèque, une revue gay pornographique, un codex, et finalement presque jamais de rêves partagés. Certes, elle pourra, du bout du doigt, du bord des lèvres, vous décrypter un peu son monde. Mais ne vous attendez à aucune description enfantine et symbolique d’une Louise Bourgeois. Comme elle aime à le dire : « je pars toujours d’un sujet. » C’est bien ça qui est dangereux. Faites attention. Soyez prudents. »
David Liaudet







































